Il était une fois dans une contrée fort lointaine (peut être de chez vous en tout cas de chez moi c'est tout près) trois charmants personnages :
la première s'appelait Godichette, elle n'était ni particulièrement gentille ni particulièrement futée mais elle avait toujours les meilleures intentions du monde (même si ça partait en couilles après hein).
La seconde s'appellait Candide gentille elle, ou peut être pas finalement, naïve au possible, passive la plupart du temps.
La troisième s'appelait Langue de Pute, et c'était une langue de pute.
Candide était la chérie de Langue de Pute, Langue de Pute était la chérie de Candide. Godichette était l'amie de Candide, mais pas celle de Langue de Pute, parce que Langue de Pute n'était pas toujours très gentille avec son amie Candide. Langue de Pute, jalouse et teigneuse s'imagina que Godichette était venue lui piquer sa chérie. Voyant que ça n'était pas le cas elle s'imagina ensuite que Candide rêvait de tailler la route avec Godichette. Que ses deux hypothèses furent fausses elle n'en eut cure et s'employa avec la langue de pute dont elle était pourvue à foutre la merde comme elle le faisait chaque fois que Candide s'interessait à qq'un d'autre qu'à elle.
Un grand froid glacial venu directement du pôle nord devait souffler entre Candide et Godichette. Bizarrement elle sembla que Langue de pute n'y soit pour rien, néanmoins Candide et Godichette prirent leurs distances, pour des x pour l'une et des raisons y pour l'autre. Des semaines après Godichette croisant Langue de Pute au détour d'un chemin virtuel d'une toile tissée par une araignée appelée Internet elle se parla à elle même en ces mots "finalement je connais bien peu de choses de Langue de Pute, je connais uniquement ce que j'ai pu voir à travers Candide, et bon grè, mal grè, ça ne devait pas être très réaliste, ma foi allons la saluer" Et ce fut fait.
Environ une heure, au détour du même chemin, Candide arriva déchaînée et deversa un venin putride sur Godichette qui ne comprenait rien (je vous l'avais dit qu'elle était pas très futée). Entre deux noms d'oiseaux, elle comprit qu'il était question de vilaines choses qu'elle aurait pu dire à Langue de Pute. Ce qui n'était évidemment pas le cas. Vous l'avez compris, Langue de pute qui ne reculait devant aucun sacrifice pour obtenir l'exclusivité avait succombée au péché du mensonge. Elle avait été conté des perfidies à Candide qui avait bu ses paroles comme du petit lait bien qu'elle n'en fut pas à son coup d'essai.
Il existait une chose fort pratique au détour de ce chemin qui s'appelait "historique des conversations" que Godichette envoya à Candide pour se disculper. Ce qui fut fait. Malgré tout, la situation ne s'améliora pas. Candide, passive comme on le sait ne chercha ni à rattraper sa boulette ni à mettre des coups de latte à Langue de Pute. Godichette demeura bien vexée qu'on mit sa parole en doute et qu'on crut une véritable langue de pute plutôt qu'elle qui ne mentait jamais (enfin mentir jamais peut être pas mais pas pour ce genre de plan foireux ça s'était certain).
Epilogue : aujourd'hui même si elle doit raser les murs pour ne pas se trouver nez à nez avec Godichette qui lui ferait une tête au carré, Langue de Pute doit glousser bien fort d'avoir porter le coup fatal à une amitié déjà branlante (ce qui on le comprend ne constitue aucunement un exploit).
Candide se complait et se prélasse dans une mare de fatalisme pleine de nénuphares. Forcément, il est plus facile de faire des prout dans l'eau que de se prendre par la main pour agir un peu. Souhaitons lui une carrière longue et prolifique dans l'auto flagellation et l'auto complainte. Amen.
Godichette se prend et se reprend sa petite tête bien vide. Elle est face à un dilemme : elle a deux personnes pour un seul nom, celui de Candide. Deux images qui se croisent et se recroisent sans jamais se fondre. La dernière image est celle de Candide affublée de la langue de pute de Langue de pute, crachant tous son venin, depuis sa mare de fataslime et d'indifférence. La première est celle de Candide lorsqu'elle discutait des heures entières avec une gentillesse qu'on ne croise pas à tous les coins de rues, lorsqu'elle riait encore des heures avec Godichette pour des blagues biens bêtes (mais qu'est ce que c'était bien). C'était Candide qui venait chercher Godichette à la fac, qui s'enfilait des Despe avec elle le soir venu et qui la raccompagnait jusqu'à chez elle à pied (pas la porte à coté) alors qu'aucune des deux ne marchait droit. C'était Candide qui avait fait une longue marche un soir à 23h parce que Godichette était triste ; c'était Candide à qui Godichette pouvait presque tout dire, et dont elle pouvait presque tout entendre, parce que la confiance est rare, ce genre de liens l'est encore plus, et toujours plus faciles à défaire qu'à faire. Souhaitons lui de résoudre cet insoluble problème pour son petit crâne. Amen.