Vous trouvez pas ça bizarre vous ? Que le même jour ma copine trouve un boulot après des mois de galère et que moi j'ai mon permis de conduire (du premier coup alors que j'ai rien fait pour) ? Encore la même semaine j'aurais trouvé ça rigolo, mais le même jour... On dirait presque que si il existe un dieu il nous dit un truc comme : "ouais j'ai merdé, finalement je vous aime bien..."
Bon ben voilà, la rentrée est là, on va finir par le savoir, même alors que j'ai encore plus d'un mois devant moi ils arrivent à me foutre la pression. Va falloir ke je dise adieux aux journées entières passées avec ma chérie, même si je savais bien que ça durerait pas toute la vie ça me fout les boules... Faut voir les aspects positifs de l'automne, c'est là où on ressort les pantalons en velours, où on fait des cookies (bon ça je sais tjrs pas faire) où on croque le raisin sauvage à même la vigne... Et ça le raisin j'en ai, à faire péter les branches des noisetiers où la vigne est enroulée. Quitte à me taper un mal de bide carabiné je vais me servir tous les soirs, et ce soir pendant que je le lavais j'ai vu une petite coccinelle qui s'essayait à la brasse dans l'évier. Je repêche la demoiselle, ou c ptêtre un monsieur après tout, je la pose sur le bord du balcon et pendant que je la regardais récupérer (pas très fraîche la pauvre bête) je repensais à ce que c'était l'automne pour moi, avant. C'est bizarre que j'y repense avec un brin de nostalgie, parce que quand j'étais môme ça me faisait chier mais d'une force... Mes parents me trainaient dans l'A-X, on roulait trois plombes pour finalement aller pas bien loin : rase cambrousse. Opération cueillette des champignons, rosés dans les prés, cèpes dans la mousse, et boulets sous les pins. Y avait aussi le raisin, les noisettes, les chataîgnes qu'on faisait bouillir à l'eau le soir pendant que je pleurais pour pas qu'on me retire tous les piques que j'avais dans les doigts. Les prunes et les pommes sauvages... Les mûres... MMMhhh les mûres. Bref tout ça à l'époque ça me gonflait, fallait cueillir mais pas manger (arrête tu vas être malade) et haute comme un nain de jardin je me prenais des bestioles dégueulasses dans la tronche je m'étalais par terre tous les trois pas, au mieux dans un buisson d'orties au pire dans un buisson de ronces. Sans parler de mes parents qui faisaient semblant de me perdre ou de m'oublier, hilarant. Vraiment (comment vous voulez que je sois saine après ça moi). Mon kiff à moi c'était les maisons abandonnées, les trouver et les visiter, ma grande passion, aujourd'hui encore mais ça non plus j'avais pas le droit. "Va pas là y a ptêtre des squatteurs, rentre pas là dedans tu vas passer à travers le plancher je te préviens on va pas te chercher..." Finalement je suis un peu maso de repenser à ça et de me dire que j'aimerai bien y retourner, de ttes façons ma copine elle veut pas ressortir couverte de boue, ça se conçoit...